Cendres


Cendres des mers mêlées de sel et d’écume. Quel voilier blanc les pousse au large pour quelle traversée ?

Cendres des rivières et des lacs entraînées en douceur et parfois en rudesse sur le chemin de leur sépulture ambulante.

Cendres des déserts blonds que de belles amazones emportent au galop à travers les sables.

Cendres des montagnes qui viennent buter, parfois, contre les rochers, ou préfèrent se cacher sous la neige.

Cendres des herbes et des jardins, semées à deux pas, sur la pelouse ou dans le sous-bois, dans les champs de blé et même au bord de la route. Prennent-elles alors le goût des myrtilles et la couleur des coquelicots ?

Toutes ces cendres cousines écrivent le même poème sous la dictée du vent. Cendres-hirondelles et cendres-papillons ou cendres-cerf-volants, comme les graines arrivées à maturité, elles connaissent la beauté de la semaison.

Gabriel Ringlet
(13/02/2013)