N'être qu'un souffle


14 octobre 2017 - ANNE PARDOU - Le premier souffle

Anne Pardou est pédiatre néo-natologue, chef du service de Néonatalogie de l’Hôpital Érasme à Bruxelles. Elle y accueille de plus en plus d’enfants prématurés dont certains pèsent moins de 1.500 grammes. Dans son service, on y côtoie aussi bien le souffle de la vie que celui de la mort. Cette expérience, riche en émotions, elle a voulu la partager dans des recueils de souvenirs et de témoignages illustrés, pour montrer l’humanité de ce qui se vit au chevet des grands prématurés, et pour permettre aux parents de sortir de leur propre histoire en partageant celle des autres.

« Il y a trente ans, dit-elle, la vie commençait avec la naissance, en salle d’accouchement. Avec le développement de nouvelles technologies (échographies, imagerie par résonance magnétique,…), nous découvrons les petits d’hommes bien avant leur naissance et suivons parfois leurs difficultés pendant plusieurs semaines avant qu’ils ne naissent.
Il y a trente ans, l’utérus était une boîte noire… »

Le médecin et toute son équipe ont un parcours particulier avec chaque enfant qu’ils accompagnent : « Nous connaissons son ardeur à vouloir vivre, à vouloir se battre et des liens forts s’établissent entre lui et nous. »
Anne Pardou a voulu prendre son temps avant de raconter ces histoires et les émotions qui y sont liées. « Parce que nous sommes humains, précise-t-elle. Parce que nous sommes de gens de devoir, de savoir et d’un certain pouvoir. L’écriture est une façon d’humaniser ce rôle, d’offrir un autre angle de vue sur notre métier. »

À lire :
Anne Pardou, Christian Merveille et Josse Goffin, Né trop tôt, Bruxelles, Mijade, 2011.
Anne Pardou, Contes pour parents de petits bonhommes et petites bonnes femmes et Si petits, si forts (avec des photographies de Michel Vanden Eeckhoudt) à commander au service de néonatologie auprès de Lydia Matthijs, 02 555 34 30 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

 

25 novembre 2017 - ISABELLE ELIAT - Donner du souffle à l'accueil

À l’heure où l’accueil de l’autre, et en particulier du musulman, s’essouffle, Isabelle Eliat s’engage dans un pèlerinage peu commun qui la conduit sur les routes d’Assise, sans argent, à pied et à vélo. Chaque soir elle demande l’hospitalité. Dans les villes, elle frappe aux portes des mosquées avec le désir d’être accueillie par des musulmans. « Je voulais être un signe d’espoir, un symbole, un lien, un appel à l’unité et à la fraternité universelle, explique-t-elle. À chaque fois que j’ai demandé de l’aide, en tant que chrétienne, à une mosquée, j’ai tout de suite été nourrie, abreuvée, écoutée, accueillie avec joie et bienveillance. »

Infirmière de formation, Isabelle Eliat-Serck a souvent séjourné dans des pays en conflit comme Haïti, le Rwanda ou la Syrie. Elle a travaillé bénévolement durant deux ans dans un mouroir et dans un orphelinat tenus par les sœurs de Mère Teresa. En 2005, elle vit pendant un an en Syrie, dans un village chrétien. Elle crée un outil didactique simple, La roue du changement de regard, qui permet de voir où commence la violence dans nos vies quotidiennes et de découvrir un chemin vers la non-violence active.

Elle a longtemps animé un lieu de ressourcement à Mont-Saint-Guibert. Maman de quatre enfants, son mari et elle accueillent depuis cinq ans deux autres jeunes « fils » musulmans, réfugiés syriens. Cela leur permet aussi de vivre un islam de l’intérieur tout en étant chrétiens. « Se faire petit, avoir besoin de l’autre, apprendre de lui, le reconnaître pour ce qu’il est plutôt que vouloir l’"intégrer" en le faisant entrer dans un moule trop étroit », voilà ce qu’elle vit au quotidien.

À lire :
Isabelle Eliat-Serck, De mosquées en églises. En marche vers Assise, Paris-Namur, Éditions Jésuites, Fidélité, 2016.
Isabelle et Bruno Eliat-Serck, Oser la relation. Exister sans écraser, Paris-Namur, Éditions Jésuites, Fidélité, 2011.

 

3 février 2018 - PIERRE SOETE - Le souffle du soin

Pierre Soete est un chirurgien orthopédiste et traumatologue d’Incourt. Depuis le début des années 2000, il s’investit bénévolement au Népal où il organise des camps chirurgicaux dans les régions les plus reculées. Les gens les plus pauvres n’y ont en effet pas accès aux soins spécialisés. Après avoir monté un hôpital orthopédique de 100 lits dans la périphérie de Katmandou avec un chirurgien népalais, et y avoir formé six chirurgiens, il s’occupe aujourd’hui d’un hôpital mobile. Concrètement, cette unité mobile comptant des généralistes et des spécialistes peut se déplacer une dizaine de fois par an pour soigner et opérer des patients. Il en faut du souffle à cette équipe pour transporter les 750 kg de matériel, à dos d’hommes, de yaks ou de mules, dans ces régions montagneuses.

En avril et en mai 2015, deux tremblements de terre dont secoué le Népal. Malgré l’aide internationale, le gouvernement, rongé par la corruption, n’a apporté pratiquement aucune aide pour reconstruire les hôpitaux et centres de santé. C’est pourquoi l’action du Dr Soete est plus nécessaire et urgente que jamais. Il participe de manière très active la reconstruction du Maternity Center à Phaplu (Solukhumbu) rendu inhabitable par le tremblement de terre. En 2016, il mène quatre camps chirurgicaux : 293 patients, dont une majorité d’enfants, ont été opérés. Une façon de rendre du souffle à ces gens malmenés par la vie et handicapés par des pathologies non soignées.

« Si la gratitude peut transformer votre routine en jour de fête, sachez que votre générosité a transformé le quotidien de milliers de népalais en jour d’espoir », précise le site internet du Nepal Mountain Mobile Hospital.

Pour en savoir plus :
http://www.nmmh.clinic/


 

3 mars 2018 - LAURENT DEMOULIN - Le souffle de l'enfant autiste

C’est son roman Robinson, publié en 2016 chez Gallimard, qui fait connaître Laurent Demoulin au grand public. Ce liégeois, à la plume multiple, est universitaire, chercheur en littérature, journaliste, critique, essayiste, poète et romancier. Mais il est aussi le père d’un enfant différent des autres, d’un enfant « écarté de toute relation, par une maladie appelée l’autisme », d’un enfant qui n’a pas le souffle des mots.

« Voici le plus vibrant, le plus puissant, le plus sidérant des livres d'amour », écrit Anouk de la libraire Point Virgule. Robinson, c’est l’histoire d’un enfant de dix ans, entouré d’une famille aimante, mais qui n’a jamais pu dire « papa ». Cela n’empêche pas son père de tisser avec lui une relation d’amour sidérante et pure, joyeuse et contrariée à la fois.

Ce livre n’est ni un essai ni un témoignage, mais une véritable œuvre littéraire, tant le style de Laurent Demoulin est ciselé et travaillé. On sait que la littérature doit mentir pour dire le vrai, et c’est sans doute l’objectif de l’auteur dans ce roman.
La relation que le narrateur du roman tisse avec son fils, au gré des anecdotes et des instantanés saisis sur le vif, interroge toute relation humaine, c’est ce qui rend son propos universel. « Laurent Demoulin enrichit la littérature, écrit Gérald Purnelle, c’est-à-dire qu’il interroge pour l’homme contemporain sa capacité d’expression, de compréhension et de communication. En ceci, et en bien d’autres aspects encore, c’est un livre profondément humain, pensé, vécu et écrit sans ruse mais avec art, sans pathos mais avec passion, sans froideur mais avec lucidité. »

À lire : Laurent Demoulin, Robinson, Paris, Gallimard, 2016.

 

 

5 mai 201! - PHILIPPE LAMBERTS - Un souffle ardent en politique

Philippe Lamberts est député européen depuis 2009. S’il rejoint les Verts en 1991, c’est parce qu’Ecolo lui semble le meilleur choix pour faire de la politique autrement, autrement qu’à court-terme. « Si nous voulons la justice sociale économique, environnementale, c’est non seulement ici et maintenant, mais aussi pour tous les habitants de la planète Terre, présents et à venir », écrit‑il sur son site.

Au Parlement européen, il s’indigne contre le projet d’accord entre l’UE et la Turquie sur le sort des réfugiés syriens. Il rappelle que l’Union européenne en 2015 a accueilli des réfugiés à hauteur de 0,25 % de sa population. C’est cent fois moins qu’un pays fragile comme le Liban ou la Jordanie. Il s’illustre aussi à travers son combat contre les bonus financiers des banquiers.

Catholique pratiquant, cet Anderlechtois livre une interview au Vif/L’Express où il confesse puiser dans sa foi de quoi alimenter son engagement. Il fréquente régulièrement la communauté chrétienne œcuménique de Taizé, c’est son lieu d'enracinement, une source d'énergie et d'inspiration qui l'aide à garder la tête froide.

« Je n'ai jamais brandi ma foi en étendard, mais je ne l'ai jamais mise dans ma poche, dit-il dans cette interview. Par contre, ce qui me hérisse, c'est l'attitude des hommes politiques qui utilisent la religion comme argument identitaire, et non comme démarche spirituelle. Si j'examine la cohérence entre le message de l'évangile et l'action politique de ceux qui s'en réclament, j'ai vraiment envie de rigoler. Comment peut-on se réclamer d'un évangile qui affirme l'égale dignité de tous aux yeux de Dieu et mener des politiques qui poussent à fond l'inégalité ? Va falloir qu'on m'explique ! » Il arrive qu’une tempête digne des évangiles souffle sur le parlement européen.
 
Pour en savoir plus :
www.levif.be : Philippe Lamberts : "Confiner la religion à la sphère privée, je ne l'accepte pas"
www.philippelamberts.eu

Les « Samedis » se déclineront en quatre moments :

Temps 1 : Interview de l’invité sur son parcours personnel et sa relation à la dimension spirituelle.

Temps 2 : L’invité prend la parole plus formellement sur un sujet de son choix et, si possible, en relation avec le thème du souffle.

Temps 3 : La célébration tente de rester proche de ce qui s’est exprimé entre 9h et 12h et veille à intégrer le mieux possible l’invité.

Temps 4 : Un repas convivial et nomade aidera, on l’espère, à prolonger fraternellement la conversation.

 


 

SAMEDIS DU PRIEURÉ

Comme chaque année, 5 samedis pour traverser l'Évangile et l'actualité à la lumière du parcours d'un invité :

14/10/17, 25/11/17, 03/02/18, 03/03/18, 05/05/18

Les participants s'engagent à assister aux 5 rencontres (de 9h à 14h).

P.A.F : 75 € pour l'année (repas compris).

Infos et inscriptions : 010 / 88 83 58 - formulaire mail

Illustration : Patrick Verhaegen (Pavé) - http://pavesurlenet.net/

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