… entre « résistance et soumission »


15 octobre 2016 - OUVERTURE

Le 9 avril 1945, alors que le Troisième Reich s’effondrait sous les coups des alliés, Dietrich Bonhoeffer était pendu dans le camp de concentration de Flossenbürg après deux ans de captivité dans les prisons nazies.

Loin de l’abattre et de le réduire au silence, cette captivité sera pour lui, jeune pasteur et professeur d’université, l’occasion d’approfondir sa pensée théologique et de l’exprimer avec audace dans les nombreuses lettres qu’il adressera à une amie intime et publiées, quelques années après sa mort sous le titre Résistance et soumission.

Comment cet homme, dans la solitude de sa cellule en même temps que dans la pire promiscuité, parvient-il à résister au désespoir ? Aucune trace de résignation, aucun apitoiement sur soi-même, mais jusque dans les purs moments la certitude que son combat a un sens, si caché soit-il, au regard de Dieu.

Résistance, oui, et quelle résistance ! de la part de celui qui ose affirmer face au pouvoir nazi : « Seul celui qui crie en faveur des Juifs a le droit de chanter du grégorien ».

Et soumission d’un homme libre qui accueille une réalité qu’il ne peut plus changer en voyant dans Jésus « l’homme pour les autres » et en se demandant : « Comment le Christ peut-il devenir aussi le Seigneur des non religieux ? Comment parler de Dieu sans Religion ? ».

*

Le premier Samedi n’accueillera pas d’invité mais introduira au thème d’année en présentant quelques grandes figures de résistance comme Dietrich Bonhoeffer, Simone Weil, Etty Hillesum…

L’occasion aussi de donner voix à des chants de résistance avec Les Muses qui interviendront tout au long d’une matinée réflexive et poétique.

Sans oublier un écho des « résistances » dont les participants auront fait part.

*

Pour la suite, les Samedis accueilleront quatre personnalités fortement engagées et qui résistent chacune à travers des réalités qu’elles connaissent bien : le monde artistique, l’univers du vieillissement, le domaine économique et le vaste chantier des pauvretés.

Les « Samedis » se déclineront en quatre moments :

Temps 1 : Interview de l’invité sur son parcours personnel et sa relation à la dimension spirituelle.

Temps 2 : L’invité prend la parole plus formellement sur un sujet de son choix et, si possible, en relation avec le thème de la résistance.

Temps 3 : La célébration tente de rester proche de ce qui s’est exprimé entre 9h et 12h et veille à intégrer le mieux possible l’invité.

Temps 4 : Un repas convivial et nomade aidera, on l’espère, à prolonger fraternellement la conversation.

 

3 décembre 2016 - BERNARD FOCCROULLE


Bernard Foccroulle
est un homme multiple.

C’est au départ un organiste de renommée internationale. Sur les claviers, il fait la rencontre de sa vie avec la musique de Bach qu’il place au dessus de tout et qui ne va plus cesser de lui tenir compagnie. Il enregistre ainsi l’intégrale de l’oeuvre de Bach pour orgue. Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à la musique contemporaine...

Ce musicien accepte de prendre la direction de la Monnaie. Il mènera cette tâche avec audace et brio de 1992 à 2007 avant de prendre la direction du Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence depuis 2007. Tout en devenant en 2009, professeur d’orgue au Conservatoire de Bruxelles.

Il est à l’origine et il préside les destinées de « Culture et Démocratie » qui rassemble toutes les initiatives pour permettre à l’art de s’exprimer dans tous les lieux de la société. Un lieu de réflexion mais aussi d’action.

En 2009, en collaboration avec Tzvetan Todorov et Robert Legros, il fait paraître chez Grasset « La naissance de l’individu dans l’Art ». Une réflexion multiple sur l’art quand il s’intéresse à la représentation de l’humain dans ce qu’il a de plus singulier tant dans la musique, la littérature, la peinture que la philosophie.

Un homme multiple donc mais surtout un grand humaniste.

Qui, mieux que lui, pourra nous éclairer sur les manières de voir l’art comme résistance, l’art comme connaissance, l’art comme expression de l’humain au coeur de la société, l’art comme un moyen « d’habiter poétiquement le monde » ?

 

4 février 2017 - DOMINIQUE BIGNERON


Directeur du Domaine des Rièzes et des Sarts à Cul-des-Sarts, Dominique Bigneron est un militant laïque pétri de valeurs humanistes et dont le type de gestion est le chaos organisé ! Kinésithérapeute en maison de repos pendant des années, « j’en ai vu des choses ! », s’exclame-t-il, « la liste est édifiante ».

Son projet est tout simple et d’une évidence implacable : le respect.

Il s’inscrit dans la logique du concept québécois de milieu de vie substitut, autrement dit d’un milieu de vie offrant les mêmes garanties qu’un domicile privé mais dans le cadre et les limites d’une collectivité.

Un projet qu’il résume de manière impérative : « Arrêtons de décider pour eux ! ». En prenant en considération leurs habitudes de vie antérieure. En leur offrant un véritable espace de liberté. En respectant leur droit d’exprimer souhaits et volontés sur les sujets qui les concernent. En leur offrant de réelles possibilités d’une vie sociale, culturelle et spirituelle de qualité. En leur donnant l’occasion de partager leurs compétences et leurs centres d’intérêt.

Le Domaine est un lieu où la souplesse remplace la routine et où bien d’autres « perles » permettent de réussir ce défi assez exceptionnel : des résidents libres, citoyens respectés et debout… jusqu’au bout.


 

18 mars 2017 - ISABELLE CASSIERS

 
Et si chacun de nous portait en lui sa question, la seule, celle qui dirait toute la vie, en son fil rouge, ténu mais si résistant ? Cette question-ci, par exemple : une société plus juste et plus durable, cela ne commencerait-il pas par moi-même ? Professeur à l’UCL et chercheur qualifié du FNRS, Isabelle Cassiers a longuement – et passionnément – enseigné l’économie politique, la macro-économie et l’histoire du développement économique et social. Après trente années de recherches en histoire économique, elle a ressenti l’urgence de susciter une réflexion transdisciplinaire sur l’avenir de notre société ; elle a fondé pour cela un groupe de recherche et dirigé un ouvrage collectif sur le thème Redéfinir la prospérité (éd. de l’Aube, 2011 et 2013), bientôt suivi de réflexions sur la Post-croissance (à paraître). Comment renoncer au « toujours plus », pesant, illusoire et ravageur ? Comment établir un développement respectueux des limites de la Terre et des êtres qui la peuplent ? L’engagement d’Isabelle ne fait aucun doute : elle a choisi de résister aux « évidences » d’un modèle économique solidement enraciné. Comme le fait le Bhoutan, pays du « bonheur national brut », où elle s’est rendue à trois reprises. Elle en est rentrée convaincue que toute action visant un changement de société nécessite simultanément une transformation de soi. Isabelle, on l’aura compris, n’est pas seulement économiste.

Pour en savoir plus : www.isabellecassiers.be



3 juin 2017 - CHRISTINE MAHY

 


Assistante sociale de formation, Christine Mahy a toujours eu à cœur de favoriser l’accès à la culture au sens large du terme pour le plus grand nombre.

Cela peut passer par une école de devoirs, une animation de quartier à Marche, par un travail à la Maison de la Culture dont elle sera directrice de 1991 à 1998. La démocratie culturelle par l’éducation permanente sera son crédo.

C’est là qu’elle rencontre la problématique des gens du voyage, des demandeurs d’asile, des habitants de logements plus que précaires.

Toujours, elle alliera action sociale et culturelle, de l’alphabétisation à l’insertion socioprofessionnelle tout en étant persuadée qu’il faut faire évoluer la société vers plus d’équité, pour enrayer les phénomènes de pauvreté, en faveur d’une société plus collective et consciente de l’enrichissement des différences et de l’importance de la prise en compte des minorités.

Elle est depuis 2005, présidente du « Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté ». Cette association qui porte la parole des « sans voix », des laissés pour compte, des oubliés pour tenter de leur faire retrouver leur dignité au sein de notre société qui prêche un tout autre discours.

Chez Christine Mahy, il n’y a pas de grands discours. Juste des actions qui font boules de neige… Poser des actes… Se mettre en chemin… Se mettre en mouvement… C’est autour de ces actions possibles qu’on dialoguera lors de cette rencontre qui permettra d’apercevoir des perspectives nouvelles et un éclairage singulier sur le phénomène de pauvreté dans nos sociétés.


 

SAMEDIS DU PRIEURÉ

Comme chaque année, 5 samedis pour traverser l'Évangile et l'actualité à la lumière du parcours d'un invité :

15/10/16, 03/12/16, 04/02/17, 18/03/17, 03/06/17

Les participants s'engagent à assister aux 5 rencontres (de 9h à 14h).

P.A.F : 75 € pour l'année (repas compris).

Infos et inscriptions : 010 / 88 83 58 - formulaire mail

Illustration : Patrick Verhaegen (Pavé) - http://pavesurlenet.net/

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