Comment, aujourd'hui, le Prieuré peut-il donner vraiment corps au spirituel ?

Pour qu'un levain d'Évangile fasse lever la pâte de l'actualité, il faut jeter des ponts, créer des liens, dialoguer, fraterniser et pour cela, le Prieuré va rencontrer, célébrer, créer, héberger et tisser.


Rencontrer

Ces 25 dernières années, le Prieuré a vu défiler des milliers de personnes. Sa toute première préoccupation, à travers les activités proposées, est de veiller à la qualité de la rencontre et du débat. Chacun doit se sentir chez soi, les participants comme les invités. Qu’il s’agisse de recevoir un artiste, un père abbé, un ministre ou un franc-maçon… la volonté de rejoindre la personne sur son chemin intérieur, à distance des images et des représentations, compte beaucoup. On doit pouvoir débattre en toute liberté sans se sentir jugé. Et oser faire amitié. Il y a urgence à fraterniser.


Célébrer

Mais une vie fraternelle, ça se travaille aussi, ça se sculpte, ça se pétrit, ça se célèbre. D’où l’importance toute particulière que le Prieuré accorde à la liturgie. Aux grandes fêtes surtout. Avec, là aussi, la préoccupation de donner large place à l’expression artistique contemporaine. Célébrer pour donner à l’humanité plus d’humanité. Pour faire grandir. Élargir. Pour rendre plus libre et plus vivant finalement.


Créer

La création, on peut l'espérer, est déjà présente à travers rencontres et célébrations. Mais le Prieuré ne veut pas être une île. Bien d'autres lieux, aujourd'hui, paroisses, écoles, hôpitaux, communautés, espaces culturels... souhaitent explorer  la question spirituelle par de nouveaux chemins. Le Prieuré l'a expérimenté en créant et en produisant une version théâtrale de L'homme qui marche de Christian Bobin. Une belle aventure qui a circulé dans une trentaine de lieux, en Belgique et à l'étranger. Il soutient aussi un récit-récital de Mannick et Gabriel Ringlet, Entre toutes les femmes. D'autres projets existent, qui voudraient encourager la créativité d'un Prieuré-hors-les-murs, mais toujours proche de sa source, évidemment.


Héberger

Si le projet culturel et spirituel est affaire de souffle, le Prieuré veut absolument se servir de ses deux poumons ! Car à côté des activités qu’il propose, il n’oublie pas sa vocation d’accueil à laquelle il porte la plus grande attention. C’est que le Prieuré est aussi un lieu qu’on peut réserver. Veut-on organiser une journée de réflexion, un séminaire, une session d’étude, une formation, un week-end artistique… ? La maison est équipée pour fournir l’espace et assurer les repas de groupes qui se prendront eux-mêmes en charge au plan de l’animation.


Tisser

Et puisqu’au coeur de la vocation prieurale, il s’agit de jeter des ponts, le bon vieux métier à tisser aidera à préciser les intentions.Tisser une toile d’araignée, pas vraiment ! Une toile informatique, oui, sans doute. Mais surtout tisser des liens, croiser des fils de couleurs différentes, créer un réseau de gens et de lieux dont les aspirations se croisent de plus en plus. Proche du monastère bénédictin de Clerlande et des Baladins du miroir, le Prieuré est aussi en relation avec la Communauté St-Bernard de Montparnasse à Paris et vient de prendre langue avec des cousins du Québec, à Montréal. Un Prieuré sans frontière en quelque sorte, comme le sont l’Évangile, l’actualité et l’imaginaire.