Dernier adieu à Jean-Claude Guyot

HOMMAGE D'AMÉLIE À SON PAPA

4 août 2015

 

Papa,

C’est au nom de toutes tes filles que je m’adresse à toi.  Tu as toujours été un grand orateur, tu savais trouver les mots. Aujourd’hui c’est notre tour, et c’est moi qui m’y colle.

Il est si difficile de trouver les mots dans de telles circonstances …  Mais des auteurs et des poètes ont déjà écrit de si belles choses que j’ai décidé de m’en inspirer pour te rendre hommage.

« Je te ressemble, tu me ressembles
Et je voulais te dire comme j'en suis fière
Plus qu'une chance, qu'une évidence,
Sache que tu es mon seul phare quand je me perds. »

Un papa c’est tellement de choses. Les gens connaissent de toi, l’homme présent, dynamique et serein et c’est aussi de cette manière que tu étais notre papa.

Toi et maman avez été présents dans chaque étape de notre vie, et surtout pour toutes nos premières fois.

Nos premiers pas, nos premiers mots, nos premières blessures de l’âme ou du corps, nos premiers jours d’écoles, nos premiers engagements chrétiens, nos premiers jours chez les scouts, nos premiers amours, mes premiers échecs scolaires, les premiers cours de musique des filles, nos premières aventures au volant, nos premières disputes, mon premier voyage au Burundi, nos premiers camps à Jeunesse et santé, nos premières fêtes à Blegny et donc de surcroît nos premiers péquets, mais ça, il ne faut pas trop le dire. Et tous ces autres moments dans lesquels tes conseils étaient précieux.

Aujourd'hui ta maison c'est l'horizon, mais sache que pour nous tes pas continueront à guider nos prochaines premières fois.

Tant d’aventures nous attendent encore, leurs premiers diplômes, nos choix de carrières, nos premiers pas dans l’église, nos premiers enfants, nos premières maisons …  Toutes ces choses que nous avions l’habitude de faire ensemble et qui redeviendront des premières fois. Mais fortes de toi, nous apprendrons.

Peut-être que nous retrouverons-nous, peut-être pas ?
Mais sache qu'ici, tu resteras comme une lumière, qui nous tiendra chaud l’hiver, un petit feu de toi qui ne s'éteint pas.

Les rues aujourd’hui semblent sans couleurs, le monde est en deuil. Si vide et si seul. Et pourtant si rempli de toi.

J’ai anticipé le fait que j’allais pleurer et j’entends déjà papa me dire, comme quand j’avais raté mon avion au Burundi : Mais Amélie, t’as quel âge pour pleurer comme ça ? 26 ans papa, et à cet âge-là on peut pleurer, car ce n’est pas l’âge pour perdre un papa.

Et je t’entends déjà nous murmurer dans les moments les plus difficiles ces mots de St Augustin :

L'amour ne disparaît jamais.
La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi, vous êtes vous :
Ce que nous étions les uns pour les autres,
Nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
N’employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte,
Sans trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées
Parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends, je ne suis pas loin,
Juste de l’autre côté du chemin.

Ce n’est qu’un au revoir Papa.

Amélie Guyot, Saint-François LLN, le 4 août 2015

 

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