Dernier adieu à Jean-Claude Guyot

HOMMAGE DE ÉTIENNE MICHEL

4 août 2015

 

Je vous propose d’évoquer quelques-uns des nombreux chemins empruntés avec Jean-Claude depuis plus de 20 ans.

Tour d’abord, parce qu’ils furent les premiers, les chemins de l’engagement. Au début des années 90, le PSC de l’époque – aujourd’hui le cdH, avait souhaité établir un projet de charte pour le monde associatif. J’avais demandé à Jean-Claude s’il accepterait de rédiger un texte et me rappelle sa réponse, immédiatement positive. Non pas : « J’ai beaucoup de travail », « c’est complexe », « je dois réfléchir et trouver du temps », mais « D’accord, je vais essayer et, si nécessaire, je me ferai aider ». Le texte a vu le jour, connu une longue histoire que nous nous sommes rappelés tout récemment, parce qu’aujourd’hui encore il reste une référence sur ces questions. Jean-Claude avait conscience de l’importance de la politique dans la vie de la Cité, tout en en connaissant les ressorts qui sont ceux de la comédie humaine. C’était un sujet de conversation inépuisable, à la fois sérieux et drôle.

Ensuite, d’autres chemins découverts au fil des rencontres furent ceux de l’érudition. Jean-Claude avait une connaissance étendue dans de nombreux domaines. À son contact, nous apprenions régulièrement quelque chose de la vie en société, de l’histoire, de la géographie. Peu de laïcs ont, comme lui, une vraie connaissance des rouages de l’Église catholique.

Et enfin, au fil du temps, se sont laissés découvrir les chemins de l’amitié qu’il savait si bien célébrer. Sa voix puissante, et son rire qui ne l’était pas moins, nous arrivaient en été par-dessus le jardin qui sépare la maison « Guyot » de la nôtre. Les vacances partagées à St-Étienne ou aux Ménuires, les excursions même lorsqu'il se portait déjà moins bien et qu’il s’agissait de vivre encore ce qui pouvait être vécu, les rencontres nombreuses à Louvain-La-Neuve, Jauche ou Malèves. Les liens multiples entretenus aussi au travers de nos enfants. Pour rire, on s’imaginait fêter un mariage en tendant une toile d’un côté à l’autre de la rue. Et on se promettait de vieillir en installant un banc sur le pas de la porte, côté rue, pour observer et papoter. Peut-être, qui sait, installera-t-on tout de même ce banc, pour se souvenir et partager ce qui continue de vivre.

 

Étienne MICHEL

Les essentiels du Prieuré

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