Thème d'année

Le sage est celui qui s'étonne de tout

André Gide
En voyant naître cet enfant, je voyais du fin fond des siècles tous mes ancêtres tous mes parents dans ce petit corps renaître, nous chante Julos Beaucarne. Voir naître un enfant c’est faire l’expérience de l’émergence de « l’improbable » dont parle si bien Edgard Morin. 

Le surgissement de l’enfant est pour ceux et celles qui l’accueillent un étonnement profond face à la Vie qui se prolonge à travers chacun d’eux et à travers lui par cette présence nouvelle et originale. Étonnement de tous les commence-ments qui entraînent toujours boulever-sements et métamorphoses. D’autant plus que l’enfant, par le regard nouveau qu’il pose sur ce qui l’entoure et par son questionnement permanent, nous oblige à un regard neuf sur le monde, les choses et les gens. 

Garder ce regard d’enfant toujours ravi, toujours étonné, gourmand de découvertes nouvelles. 

Sans doute est-ce là la faculté de se saisir du monde qu’ont les poètes, cette possibilité de le percevoir avec un regard d’artistes qui porte au-delà des choses et « plus haut que l’horizon » (Aragon) pour « voir un monde dans un grain de sable et, dans une fleur sauvage un ciel » (William Blake).

Mais voir sans apercevoir, voir sans étonnement ce n’est pas regarder. Regarder, c’est ouvrir grands les yeux et garder au fond de soi ce goût de la découverte de l’interrogation permanente du monde. Car il s’agit bien de regarder comme nous y invite Siri Hustvedt : « Regarder quelqu’un ou quelque chose attenti-vement signifie que ce qu’on regarde va devenir de plus en plus étrange, et qu’on en verra de plus en plus. » 

Se laisser interpeller par l’étrange, l’au-delà des apparences et l’invisible comme le font les artistes et poètes que nous pouvons tous être quand nous cultivons cette manière particulière de regarder « les richesses de la vie qui ne finit pas de m’étonner, de me surprendre, et de m’émerveiller. » comme l’écrit Charles Juliet dans son Journal.

Cultiver cette faculté de s’étonner, de se surprendre et de s’émerveiller.
Car la vie est étonnante à tout instant dans le mystère des questions qu’elle pose à chacun. L’étonnement comme questionnement permanent du pourquoi toujours surprenant qui mène à l’émerveillement puisque comme le dit François Cheng : « La beauté est rencontre, toujours inattendue, toujours inespérée. Seul le regard attentif peut lui conférer étonnement, émerveillement, émotion jamais identique. »

S’étonner c’est aussi s’inquiéter de tout ce qui nous entoure.  S’inquiéter c’est être attentif, c’est prendre soin, c’est faire soi l’étonnement toujours renouvelé de la rencontre vraie avec soi, avec soi comme un autre, avec l’autre, avec le tout Autre.

Ah ! l’étonnement du divin. 
Il en est question dès le livre de la Genèse, quand il raconte que le Verbe, au début du monde, s’exclama « Que la lumière soit ! ». J’aime à croire qu’à ce moment il y eut un arrêt et un instant de silence pour pouvoir imaginer cette lumière qui n’existait pas encore. 

Et puis l’étonnement quand cette lumière a surgi dans sa beauté. Étonnement divin puisque même « Dieu vit que cela était beau ! ». 
Trouver les choses belles, s’en étonner à la manière de Guillevic quand il écrit : 
Le matin
Pousse la lumière 
À s’étonner 
De ce monde
S’étonner de tout jaillissement nouveau, de tout commencement.
S’étonner de tout cela, le proclamer pour le célébrer. 
« Laudato si ! » lance François d’Assise au sommet de son chant.
S’étonner aussi devant le mystère de l’éternité et oser l’interroger.
Elle est retrouvée. 
Quoi ? - L’éternité. 
C’est la mer allée
avec le soleil.
(Arthur Rimbaud).

Redécouvrir alors avec étonnement un Dieu qui n’a pas fini de nous surprendre par son « silence qui est son écoute » (Erri de Luca).
Par la surprise de Noël, de ce Verbe né « infans », sans paroles et sans voix au cœur de la nuit.
Par l’ébahissement à l’écoute des Béatitudes : « Heureux les essoufflés ! », « Laissez venir à moi les petits enfants », « Lève-toi et marche ».
Par la stupéfaction devant l’annonce que « les premiers seront les derniers », « qui s’élèvera sera abaissé », « celui qui voudra sauver son âme la perdra ». Par le scandale du passage par la souffrance et la mort, du portement de la croix et du calvaire.
Mais aussi par le clair saisissement du matin de Pâques et l’étonnement, après coup, des marcheurs d’Emmaüs. Étonnement permanent quand chaque rencontre vraie et profonde - là où deux ou trois sont réunis en mon nom - est promesse d’une présence de ce souffle divin qui nous accompagne sur les chemins surprenants que tracent nos pas.
 
Christian Merveille
Septembre 2018
 

Les Samedis du Prieuré

Comme chaque année, cinq  samedis pour traverser l'Évangile et  l’actualité à la lumière du parcours d'un invité

Quatre temps :

Temps 1 : Interview de l’invité sur son parcours personnel et sa relation à la dimension spirituelle.

Temps 2 : L’invité prend la parole plus formellement sur un sujet de son choix et, si possible, en relation avec le thème de l'étonnement.

Temps 3 : La célébration tente de rester proche de ce qui s’est exprimé entre 9h et 12h et veille à intégrer le mieux possible l’invité.

Temps 4 : Un repas convivial et nomade aidera, on l’espère, à prolonger fraternellement la conversation.

Les participants s’engagent à assister aux 5 rencontres.  
P.A.F. : 90 € pour l’année (repas compris)

Pour plus d'informations : cliquez sur l'événement dans la fenêtre de droite.

Agenda - Les samedis du prieuré

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Bonnes nouvelles partagées 

Agenda Bonnes Nouvelles Partagées

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Ouvrir un Évangile, celui de Saint-Marc,  « le premier, le plus bref et le plus énigmatique des quatre » (1). 

L’ouvrir comme si jamais encore on ne l’avait entendu, on ne l’avait lu.
Retrouver l’étonnement que deux mille ans plus tard suscitent cette vie, ce message.

Croiser cette redécouverte avec la lecture de trois livres
contemporains  : 
 
La route de Beit Zera de Hubert Mingarelli  (Stock, 2015, ou Points)
Un jihad de l’amour de Mohamed El Bachiri, propos recueillis par David Van Reybrouck (JC Lattès, 2017)
La question humaine de François Emmanuel (Stock, 2000).
 
Entrer dans les rencontres, les chagrins, les joies, bref la vie qu’ils  racontent chacun de manières très différentes. Et puis croiser l’actualité de l’Évangile et celle de ces textes, déceler leurs proximités, se laisser étonner, interpeller…

C’est la démarche que propose le groupe Bonnes nouvelles partagées, renouant avec la démarche des tout premiers « Samedis du Prieuré » et la faisant glisser de l’actualité stricto sensu à celle des écrivains.
 
(1) Sandro Veronesi, Selon Saint Marc, traduit de l’italien par François Rosso, Grasset, 2017.

Durant cette saison 2018-2019, nous nous retrouverons à une quinzaine de personnes trois vendredis de 20h à 21h30. 

Chaque rencontre sera consacrée à la lecture croisée d’une partie de l’Évangile de Marc et d’un des trois livres. 
L’animation sera assurée par Philippe et Françoise Lambrecht et Anne-Marie Pirard. 
 

P.A.F. : 30 €  pour les 3 rencontres

Ecoutes partagées

Établir des ponts, relier des événements, des situations, des émotions... pour en faire la trame de nos interrogations.

Le groupe « Écoutes partagées » vous propose des temps d'arrêt et d'attention à la parole de l'autre.Durant cette saison 2018-2019 marquée par le thème de l'étonnement, nous nous retrouverons à une quinzaine de personnes cinq vendredis, de 18h15 à 21h30.
Pour nourrir nos écoutes mutuelles, nous nous appuierons sur quelques extraits de Laudato si.

« Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. »  (le pape François)

Dans Laudato si, nous découvrons  un programme d’écologie intégrale qui peut intéresser chacun au-delà de tout ancrage confessionnel. À partir de la théologie de la création, nous sommes invités à l'espérance. Nous avons la possibilité de percevoir et de comprendre les enjeux écologiques dans leur totalité : les changements climatiques, la pollution grandissante due à nos modes de vie, le respect de l’eau et de la biodiversité et, bien entendu, l'accueil de chacun dans sa diversité.
Chaque rencontre sera structurée de la manière suivante : 
 
• deux tours de parole durant lesquels chacun est libre de répondre à la question posée, les autres l'écoutant sans intervenir ;
• partage de quelques sandwiches ;
• mise en commun de nos vécus respectifs à l'aide d'une troisième question.
 
L'animation sera assurée par Jacqueline Delcorps, Pierre Mogenet et Anne Warnier.

P.A.F. : 60 € pour l’année (repas compris)

Agenda Ecoutes

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Noël au Prieuré

Agenda Noël

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UN ÉTONNANT NOËL À LA FERME 
Autour du conte de Michel Tournier « La Mère Noël »

Le 24 décembre 2018 À 14h et 16h.

« La Mère Noël », c’est un conte ! Pas un conte de fées avec de la magie, des êtres extraordinaires et des héros intrépides qui vivent des aventures phénoménales.
Non, c’est une histoire très simple avec des hommes et des femmes qui essaient de vivre ensemble, de partager les bons et les mauvais moments.

En fait, c’est un conte d’humains !
Michel Tournier nous emmène dans un petit village imaginaire, tellement imaginaire qu’il ressemble à un village que l’on connaît, à tel point que la figure des protagonistes nous semble familière. L’action se déroule évidemment à Noël puisqu’il est question d’une Mère Noël, mais aussi et surtout parce que la fête de Noël permet de cristalliser toutes les tensions de la communauté. Il semble que dans ce petit village, plutôt que de rassembler les gens, la fête de Noël les divise !
L’auteur, par une pirouette que nous ne dévoilerons pas ici, réussit à redonner à Noël sa juste place, il la rétablit dans son rôle de fête familiale, fraternelle et généreuse.

La magie de Noël peut alors agir sur tous les villageois indépendamment de leurs différences.
Et l’on se doit d’admettre que quelquefois, les femmes et les hommes peuvent aussi avoir des dons de fées, alors  oui,  « La Mère Noël », c’est un conte de fées !
Ferme du Biéreau 
Avenue du Jardin Botanique
1348 Louvain-la-Neuve
(Sorties d'autoroute 9 et 8A)
Une salle de 400 places
Grands parkings dans la cour et dans les espaces environnants

Inscriptions ouvertes dès aujourd'hui : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

La Semaine Sainte au Prieuré

Nous attendons encore la réponse de nos invités... mais vous pouvez déjà bloquer la date.

La formule en quatre temps reste la même : projection (ou spectacle), interview, repas, célébration. Le tout habité et animé par un programme de chants et de musiques que Les Muses cherchent toujours à rendre proche du parcours des invités.

Agenda Semaine Sainte

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Soirée Cabaret avec "Les Muses"

Agenda Cabaret

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Car leur cabaret chantant remet le couvert.  

Un repas festif et musical au cours duquel elles vous entraîneront dans de joyeuses découvertes.
 
Au programme :
18h30 : Apéritif nomade
19h : Repas aux chandelles et vocalises itinérantes
20h30 : Invité « coup de coeur » au grenier
 
Quand ? 
Le 19 janvier 2019. Nombre de places limité.
Ambiance et convivialité au rendez-vous pour cette soirée étonnante...
Venez nombreux faire chanter les murs !

P.A.F. : 40 € la soirée (repas compris)

Le Mercredi des Cendres - Le 6 mars 2019 à 20h

Il y a comme un petit air de Taizé dans le travail du groupe GPS Trio que le Prieuré accueillera dans la joie et la gravité le 6 mars prochain.

Voilà des années que le Prieuré célèbre le mercredi des cendres en faisant mémoire, ce jour-là (plutôt que le 2 novembre !), de celles et ceux qui nous étaient proches et nous ont quittés.

La liturgie et le partage du verre de l'amitié nous encouragent à élébrer
par la musique, le chant, la poésie et la prière de beaux moments de
compagnonnage entre vivants et morts.

Cette année, nous aurons la chance de vivre cette belle liturgie en résence du GPS Trio, trois lettres qui situent, immédiatement les interprètes par la première lettre de leur patronyme. Philippe Goeseels, poète et guitariste, adore la musique des mots et celle de la langue. Grazia Previdi, pianiste et compositrice, enseigne aussi le piano en académie. Quant à Béatrice Sépulchre, elle marie heureusement
son enseignement du chant et son travail d'animatrice pastorale au
Diocèse de Malines-Bruxelles. Leur dernier CD, Jour et nuit, nuit
et jour propose seize chants courts qui peuvent être repris en boucle.
La mélodie évolue petit à petit et les instruments viennent ensuite la
rejoindre.

Les essentiels du Prieuré

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